dimanche 15 avril 2012

La lecture du babouin

L’Homme est le seul animal à savoir lire. En êtes-vous vraiment sûr ?  Vendredi dernier, un groupe de chercheurs de Marseille a publié un article dans le journal scientifique Science, article dans lequel ils montrent que des babouins (Papio papio) seraient capables de lire, ou au moins de distinguer des mots existants par rapport à des mots inventés. Non non, vous ne vivez pas un remake de « la planète des singes », rassurez-vous…

Peut-être qu'un jour on fera la lecture à des bébés singes...

L’équipe du Dr Joël Fagot a entrainé 6 babouins a reconnaître des mots anglais de 4 lettres au milieu de faux mots de 4 lettres également (1 voyelle et 3 consonnes), créés aléatoirement. Les singes étaient placés dans un grand enclos, tous ensemble et avaient un libre accés à 10 salles contenant un ordinateur tactile sur lequel apparaissaient les mots anglais. Si le mot était juste (expl : LAND), les singes devaient appuyer sur un ovale, tandis que si le mot était faux (expl : LONS) ils devaient appuyer sur une croix. En cas de bonne réponse, ils recevaient une récompense sous forme de nourriture. (video)


Joël Fagot explique, sur BBC Nature, que « de part le fait qu’ils aient décidé eux-mêmes de participer, ils (les singes) portent une plus grande attention aux tâches qu’ils accomplissent ». Ainsi les babouins ont pu reconnaître de 81 mots pour le dénommé Vio, jusqu’à 300 mots pour le « Bernard Pivot des babouins », un certain Dan avec plus de 75% de réussite. De plus, plus l’orthographe du faux mot était éloignée du vrai mot, plus les singes étaient capables de dire que ce n’était pas un mot correct (pour Dan par exemple, on passe de 60 à 95% de réussite). Le plus impressionnant, selon les chercheurs est le fait que «les singes sont capables d'apprendre les combinaisons de lettres qui apparaissent fréquemment dans les mots anglais et de détecter les anomalies autrement dit les lettres qui ne sont pas à la bonne place».

Bien sûr les singes ne comprennent pas le sens des mots qu’ils « lisent », mais le fait qu’ils arrivent à associer la forme et la position des lettres à l’existence ou non d’un mot permet de penser que l’Homme en fait de même dans les premiers stades d’apprentissage de la lecture. Ainsi, selon les chercheurs, la dyslexie pourrait être expliqué par un problème « visuel » plus que par un problème neurologique.

Cette étude montre une fois de plus que l’Homme et le singe sont très proches l’un de l’autre. Cela me permet d’embrayer sur la théorie de l’évolution et un dénommé Darwin que je vous présenterai dans mon prochain article.

Pour en savoir plus :
-          L’article sur Science : http://www.sciencemag.org.gate2.inist.fr/content/336/6078/245.full.pdf
-          L’article sur BBC Nature : http://www.bbc.co.uk/nature/17676129
-          Un petit reportage sur ABC : http://abcnews.go.com/blogs/headlines/2012/04/scientists-baboons-recognize-words/

dimanche 11 mars 2012

Homéopathie

Dur dur de parler de l’homéopathie sans rentrer dans le perpétuel débat du pour ou du contre. Dans cet article, je vais essayer de rester assez neutre mais si vous avez des commentaires, remarques ou si vous voulez nous faire part de votre avis sur la question, n’hésitez pas à commenter.

Histoire de l’homéopathie.
Cette médecine alternative fut élaborée par Samuel Hahnemann à la fin du 18ème siècle. L’homéopathie, comme son nom l’indique, est basée sur un principe de « soin par la similitude » (du grec « homéo » : similaire et « pathie » maladie), à la différence de la médecine allopathique, classique, qui est elle basée sur un principe de « soin par le contraire ». Le « soin par la similitude » consiste à soigner une maladie par un produit produisant exactement les mêmes symptômes. Partant de ce principe, Hahnemann testa plusieurs centaines de substances et nota dans son recueil, « Organon de l’art de guérir », tous les symptômes qu’il ressentait après absorption de ces produits. Il décida ensuite de tester ces substances sur ses patients et remarqua qu’elles avaient souvent des effets néfastes sur eux. Afin de palier à ce problème, il dilua la substance « mère » plusieurs fois, tout en secouant après chaque dilution (on parle de « dynamisation »), ce qui, selon lui, permettrait de conserver les qualités thérapeutiques de ces substances même si il n’y a plus une seule molécule de principe actif dans la solution.
Samuel Hahnemann - source Wikipédia
Quelles sont les substances utilisées en homéopathie ?
Toutes les substances, utilisées dans les médicaments homéopathiques, ont gardées leurs noms latins. Il y en a plusieurs centaines différentes allant de la plus inoffensive (« natrum muriaticum » ou sel de mer) à d’autres nettement plus toxiques (« belladona » ou belladone qui est une plante dont les baies attaquent le système nerveux central). On trouve également toute une quantité de substances inhabituelles comme « apis mellifica » qui est obtenue par macération dans l’alcool d’abeilles ouvrières vivantes entières ou « bacillinum » qui n’est autre que du macérat de poumon de tuberculeux.
La belladone, utilisée en homéopathie est également un poison très puissant.
Quel est le principe de la dilution ?
Il existe deux types de dilution :
-          La dilution CH utilisée par Hahnemann lui-même consiste à prendre 1 volume de la solution mère et à le diluer dans 99 volumes de solvant. On obtient alors une solution à 1CH. On continue en prenant un volume de la solution à 1CH que l’on dilue dans 99 volumes de solvant…etc…
-          La dilution Korsakovienne (ou K) consiste quant à elle à vider le flacon entièrement entre chaque dilution. Semen Korsakov, l’inventeur de cette méthode de dilution, considérait qu’environ 1% de la solution restait sur la paroi après avoir verser le liquide hors du récipient. L’Oscillococcinum®, médicament que tout le monde connaît, est administré à une dose de 200K soit 200 dilutions korsakoviennes. Autant dire qu’il n’y a plus une seule molécule de produit actif dans ce médicament.
L'oscillococcinum est composé de coeur et foie de canard macéré, le tout dilué 200 fois selon la dilution korsakovienne.
Si les médicaments homéopathiques ne contiennent pas de molécules de principe actif, pourquoi cela fonctionne-t-il chez certains patients ?  
C’est à cet endroit que se situe la plus grande question de la controverse homéopathique. Cependant les médecins qu’ils soient allopathes ou homéopathes sont d’accord sur le fait qu’ils ne peuvent pour l’instant pas l’expliquer. Les homéopathes sont considérés par beaucoup comme des maîtres dans l’art de l’effet placebo. Le fait que la consultation d’un homéopathe dure plus longtemps que celle d’un allopathe (40 min en moyenne contre environ 20min chez un allopathe) et que la médecine semble individualisée (ce qui est un autre principe de base de l’homéopathie) peut avoir un effet placebo « médecin » chez le patient. De plus le fait de prendre un médicament qui, selon le médecin homéopathe, est très ciblé sur la maladie et le fait que sa composition soit écrite en latin, cela peut avoir un effet placebo « médicament » sur le patient.
D’autres théories plus physiques, comme la mémoire de l’eau, sont émises par les homéopathes mais je les décrirai dans un prochain post.

Pour en savoir plus :
-          L’article de wikipédia sur l’homéopathie est sujet à controverse de neutralité. Si vous voulez prendre part au débat : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hom%C3%A9opathie
-          Vous trouverez des informations intéressantes sur les substances homéopathiques sur le site des pharmacies Giphar (exemple de page sur Apis Mellifica : http://www.pharmaciengiphar.com/Apis-mellifica.html)
-          Un documentaire assez intéressant sur l’homéopathie, diffusé sur France 5 : http://www.dailymotion.com/video/xkeqwp_homeopathie-mystere-et-boules-de-sucre_webcam

dimanche 12 février 2012

Serious game scientifique

Amis gamers occasionnels ou non, vous aimez jouer alors vous allez aimer cet article mêlant le jeu et la biologie. La semaine dernière, le magasine scientifique Science a établit le hit-parade des meilleurs serious-games scientifiques de l’année 2011.

En tête, on retrouve le célèbre Fold-it. Pourquoi célèbre ? Tout simplement parce que ce jeu a permis d’effectuer des avancées majeures dans la recherche avec à la clé, entre autres, un article, sur une forme de SIDA du singe, auquel  les joueurs ont contribué (photo).  Le principe du jeu n’a rien a envié aux jeux de puzzle traditionnels : au départ vous avez une protéine toute dépliée. A vous de la replier, retourner dans tous les sens, de l’enrouler…afin de marquer le plus de points possibles. En plus du plaisir que vous aurez à résoudre différents puzzles et à monter dans le classement, vous aurez la possibilité de faire avancer la recherche car les résultats sont analysés par une équipe de chercheurs aux Etats-Unis. Un des membres du laboratoire dans lequel ce logiciel a été crée nous explique que : « Foldit est un jeu basé sur le fait que l’esprit humain est beaucoup plus futé qu’une machine pour résoudre des problèmes de conformation spatiale. »
Les joueurs de Fold-it en auteurs sur un article scientifique.

D’autres serious-games ont été mis en avant dans ce classement :
-         Meta!Blast 3D Interactive Application for Cell and Metabolic Biology. Level 1: The Cell. Ceci est un jeu qui devrait plaire à tout le monde mais aussi nous apprendre énormément de choses. Un des employés du labo découvre que tous les autres chercheurs se sont retrouvés bloqués dans une cellule de plante. Afin de les sauver, il va piloter un petit vaisseau microscopique qui avance à l’ATP (énergie produite par les cellules) au milieu des chloroplastes et en évitant les protéasomes qui risquent de le dévorer.  « Ce jeu permet à tout le monde de comprendre que la cellule est un monde magnifique mais très complexe » selon Eve Wurtele, la game designer biologiste.
Attention petit vaisseau au méchant protéasome !

-          Build-a-body  est un jeu téléchargeable gratuitement sur iTunes. A vous de reconstruire un corps humain en plaçant les organes au bon endroit, ou en inventant un monstre tel un docteur Frankenstein.
J'ai la rate qui se dilate...

-         Powers of minus ten disponible sur Appstore et PC. Il s’agit plus d’un jeu d’exploration dans lequel on peut entrer dans la peau, se balader entre les cellules, tourner autour de l’ADN tout en apprenant un tas de choses.
Direction le noyau !!!!
Pour en savoir plus, ou pour télécharger les jeux :
-          Fold-it : http://fold.it/portal/
-          Meta Blast : http://www.metablast.org/downloads
-          Powers of minus ten : http://powersofminusten.com/